MonkeyWatcher: un autre regard sur la communication interactive. Au travers de l’actualité, de recherches et d’analyses, j’y partage avec vous mes expériences et observations sur l’utilisation des “nouvelles formes de communication”.
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L’incendie d’avant-hier dans le quartier de Camden (à Londres) m’a fait prendre conscience d’un fait important: la manière dont je m’informe est en pleine mutation. Il y a encore quelques années, je ne suivais l’actualité qu’au travers de la presse papier, du journal télévisé et de quelques rares flux RSS. Aujourd’hui, tout a changé: les multiples sites d’information et les blogs, Twitter ou encore Facebook, constituent de nouvelles sources pour suivre l’actualité. Je vais donc essayer de vous présenter comment l’information me parvient. Pour celà, prenons un cas concret: le récent incendie de Camden.

Pour rappel, cet incendie a ravagé une partie du quartier londonien la semaine passée, touchant principalement le marché et le pub branché “Hawley Arms”. La nouvelle a fait assez rapidement le tour du net, mais j’ai néanmoins repéré quatre grandes étapes.

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1 – Twitter et les messageries instantanées

L’information m’est parvenue pour la première fois alors que l’incendie venait de se déclarer. Via Twitter, MSN et AIM, mes contacts à Londres n’ont pas tardé à faire tourner le mot et à me tenir informé sur l’évolution des évènements. Cette manière d’être informé en direct par les autres n’est pas sans me rappeler les sms reçus “en live” lors des attentats du 11 septembre 2001 à New York.

2 – Facebook, Myspace et les réseaux sociaux

Puis ce fut le tour des réseaux sociaux de s’activer: bulletins postés sur Myspace, changements de statut sur Facebook ou encore messages privés pour témoigner du désespoir devant le catastrophique incendie.

3 – Presse online et blogs

Peu de temps après, des articles sont apparus sur les grands sites de presse ainsi que sur certains blogs. Il s’agit globalement de récupération de dépêches de presse, à ce stade, il n’y a pas encore de réel travail journalistique. C’est aussi à ce moment que sont arrivées les premières photos et vidéos de l’évènement, en particulier sur le Times Online. Celui-ci propose intelligemment à ses lecteurs de contribuer à l’information en permettant d’envoyer témoignages, photos et vidéos par sms/mms ou email.

“Do you have pictures from the Camden blaze? Send them to us via text on 07834 885058 or email them to

4 – Presse offline et journal télévisé

C’est seulement le lendemain de l’incendie que l’information me parviendra par les canaux « classiques ». Rien de surprenant là-dedans, si ce n’est le fait que ces médias, qui jadis m’informaient prioritairement, deviennent les derniers à relayer une information que j’ai déjà découverte ailleurs, près de 18 heures auparavant.

Que tirer de ce cheminement de l’information?

Il va de soi qu’il ne s’agit pas ici d’une étude à grande échelle, et qu’il est impossible de tirer de réelles conclusions. Cependant, à mon niveau (et au niveau d’un « petit événement » comme cet incendie), ces simples faits permettent de mettre en évidence quelques observations intéressantes:

  • Le journal papier du matin n’est plus le premier à m’informer, au contraire.

  • Le journal télévisé répète ce que de nombreux sites d’info ont déjà streamé ou podcasté bien plus tôt.

  • Twitter constitue un élément clé dans « l’information en direct ». En effet, sa grande accessibilité mobile (via les smartphones en particulier), permet une très grande réactivité et une présence rapide sur le terrain. Combiné à l’envoi de photos (par mms par exemple) ou de vidéos, Twitter devient un incontournable de la transmission instantanée d’informations.

  • Les réseaux sociaux (même les plus ludiques) peuvent, eux aussi, servir de relais à l’information.

  • Les programmes de messagerie instantanée ont remplacé (ou du moins en partie) les sms d’alerte du style « hey tu ne sais pas quoi !? Y a Camden qui brûle !!! ».

Cela amène également quelques questions :

  • Cette transmission sociale ou virale (via Twitter, Myspace, Facebook, etc.) ne risque-t-elle pas de déformer l’information comme c’est le cas avec le téléphone arabe ou le bouche à oreille ?

  • L’incendie de Camden constitue un fait « relativement peu important ». Qu’en serait-il pour un événement plus conséquent (un attentat par exemple) ?

  • Tout le monde n’utilisant pas l’intégralité des outils « web2.0 », peut-on distinguer différents niveaux ou parcours dans l’accès à l’information ?

Ces quelques réflexions ne constituent, bien entendu, pas des vérités absolues. Il ne s’agit que d’observations et d’interprétations personnelles, de ma manière de m’informer et d’être informé par les autres. Mais alors vous, comment vous informez-vous ? Comment l’actualité trace-t-elle son chemin jusqu’à vous ?




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  • Greg
    C'est pas faux. Et si j'ai reçu l'info par là c'est uniquement parce que j'ai un amis qui habite Camden. J'imagine que c'est donc relativement marginal dans mon schéma ;)
  • Vraiment très intéressant cet article, pour FaceBook + Myspace je ne suis pas vraiment d'accord dans le sens où l'information récoltée y est très minime et ne permet de communiquer clairement sur le sujet (même si twitter et les IM le sont un aussi peu, ils permettent de plus approfondir les infos).
  • Greg
    @alEx: tout à fait!
  • Analyse très juste qui témoigne d'une mutation de l'information. La question est de voir si les médias vont s'adapter en créant leur flux twitter, facebook etc. pour rester les premiers informés et ainsi rester à la base de l'information quitte à la développer plus longuement par après. Ou est ce que l'information instantanée est condamnée à être traitée par des passionnés et/ou amateurs se trouvant tout simplement au bon endroit au bon moment?
  • super intéressant cet article !
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